Advice is like snow.

Cloudy Sky

The softer it falls, the longer it dwells upon, and the deeper it sinks into the mind.
Samuel Taylor Coleridge

À l’extérieur, neige et verglas sont maîtres et régissent les déplacements. Voilà déjà quelques jours que je suis bloquée dans cette ville, retenue dans cet hôtel. À quelques heures de Noël, je suis ici, sur cette terrasse, face à cette mer, qui s’étend à perte de vue, dont la marée vient effleurer et libérer le sable enneigé, de temps à autre.

Accompagnée de cette jeune femme, toutes deux appuyées sur la rambarde et fascinées par le calme ambiant, nos regards fixent un même horizon. J’écrase, tremblante, ma dernière cigarette, et inconsciemment, sous l’emprise du froid, mon autre main broyait déjà, avec fermeté, le paquet vide. Furtivement, mes yeux balaient son visage et relèvent son regard empli d’espoir. Je la laisse à ses pensées, m’empressant alors de me débarrasser de mon déchet et de regagner une pièce chauffée.

Cet autre jour, elle me convainquait d’opérer une montée en température, mais je ne perçois aucun changement depuis lors. L’air semble toujours aussi glacial. Mon poil se hérisse, je frisonne. Comme par obligation, je me réfugie dès ma pénétration en cet espace, glissant sous la couette. Toutefois, l’aération passée a contribué, comme jamais, à l’ambiance agréable en cet instant ressentie, me libérant alors de mes vêtements, et m’allongeant sur le couvre-lit.

Profitant de ce temps libre imposé, Mac sur les cuisses, je parcoure les clichés récemment capturés, et débute quelques écrits. Les heures défilent. Un élan de motivation, à ne pas interrompre, me pousse à rester à jeun. Dans le courant de la soirée, la fatigue morale s’installe. Le système en veille, plaquée contre le matelas, tentant de me relaxer et m’apaiser, pour entrer en somnolence, mais le timing est à revoir, l’obscurité n’était pas totale, ce n’est pas bon. Encore quelques minutes avant que le labeur ne s’achève pour elle, et que je l’entende enjamber les marches de ces escaliers grinçants, qui la mèneront jusque son paradis, situé à l’autre bout de l’un de ces interminables couloirs.

Habituellement, plongée dans un sommeil lénifiant, aujourd’hui, les vieux démons resurgissent. Seule, dans toute mon envergure, étendue en travers du couchage, d’abord inerte, puis en sanglots ; j’essaie de dominer mes pleurs, ne serait-ce qu’un fugace moment, en m’étouffant rigoureusement dans la couette, afin qu’elle aille se blottir auprès de Morphée, sans avoir à s’attarder. L’éclairage de la galerie m’indique son passage sur le pas de ma porte, où elle marque de courtes secondes d’arrêt, pour finalement reprendre la route et se rendre à son objectif premier. Je retourne à ma solitude, et abandonne corps, esprit et âme pour une nuit, unique, durant laquelle je m’autorise un laisser-aller sans pareil.

To be continued…