J’entamai ma troisième semaine, qui s’avérait être une petite semaine de vacances; première semaine d’août durant laquelle, je n’avais donc aucuns cours. J’en ai donc profité pour visiter quelques villes, plus au Sud, à tout de même 1500km; en compagnie de trois/quatre de mes camarades. Bonne lecture.

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Lundi matin, réveil aux aurores, nous nous rendons à la Gare, patientons, puis montons à bord du TGV chinois, une sacrée bête. À peu de choses près, la classe économique équivaut à la première classe française; très spacieux, ce qui est agréable pour les jambes lors de long trajet, des magazines et journaux récents à l’arrière de chaque sièges, d’une propreté irréprochable, et un personnel attentif et réactif. Le seul point négatif, les voyageurs chinois, bruyants, avec de sales manières pour certains. Les odeurs de nourritures dès 08:00 AM sont désagréables; des odeurs à la française de types croissant, pain, café, passeraient sans soucis, mais les soupes, les oeufs, la viande, non.

Après cinq heures de transport, nous arrivons à ShangHai, sans exagérer, frigorifiés par la climatisation, nous apprécions donc la chaleur extérieure, d’environ 35°C. La seule hâte était désormais de trouver l’hôtel, d’y déposer les valises et de partir à l’aventure. Nous nous dépêchions de nous y rendre; la majeure partie en métro, puis après une demie heure à tourner à pieds pour le localiser, nous finissions par nous retrouver devant le building qui nous accueillerait pour quelques nuits. Les chambres étaient déjà réservées et payées, les «clés» ont très rapidement été en notre possession. Nous nous précipitions vers notre logis, pour y découvrir la vue. Un panorama comprenant de nombreuses tours, dont celles du Bund; très beau de nuit; de jour, le contraste des différents niveaux de vie était trop perceptible.

Sleepy Man Shanghai

Fatigués du voyage, nous décidons de ne pas nous abandonner à la ville, et prenons les transports en commun. Passage par la place Renmin (place du Peuple), puis visite du Musée de ShangHai qui s’est avérée décevante, les éléments exposés n’étant pas très variés et semblant cibler une tranche d’âge autre que la nôtre, rien d’authentique. Nous terminions notre journée par la montée dans la Oriental Pearl Tower, cette tour aux trois sphères, majestueuse. La vue depuis celle-ci est très impressionnante, pour l’exercice de la photographie, je regrette la présence des « vitres » passées et sales; j’ai tout de même pu tirer quelques clichés acceptables en passant mon reflex par dessus les sécurités, à plusieurs centaines de mètres au dessus du sol, je peux vous assurer que la courroie était bien enroulée autour de mon poignet. Dans l’une de ces sphères, un sol transparent nous permettait d’observer le mouvement urbain sous un autre angle, de marcher au dessus de cette agitation, quoi qu’à l’intérieur de celle-ci des gens apeurés par l’altitude criait, le peuple parle, le peuple rit. Après notre dîner dans le restaurant de la tour, une affluence telle que l’attente pour l’ascenseur me parut interminable.

Mardi, une journée chargée, sac à dos et bouteilles d’eau en mains, nous étions repartis dès l’aube. Nous nous sommes tout d’abord promenés dans l’ancienne concession française, certes l’architecture est différente, les restaurants et boutiques proposent des produits occidentaux, mais ce quartier n’a rien d’insolite ou de marquant; puis passés par le Site où a eu lieu la première réunion (secrète) du parti communiste. Après quoi, bien mérité, un bon repas au « Cigar Jazz Wine », où la dégustation d’hamburgers géants, nous a redonné du courage pour la suite des évènements. Non loin, le centre artistique de Taikang Lu, des rues piétonnes étroites, en labyrinthe. Pour terminer de manière plus ou moins calme, la montée de la Jinmao Tower. Nous y avons pris un verre, les boissons étaient entre 7 et 15 euros le verre, ce à quoi il fallait rajouter 15% de frais de service, mais cette ambiance, cette vue sur la ville, ce coucher de soleil, ce moment avec eux. Définitivement, ça les valaient. Depuis l’un des étages, se trouvait au centre de la tour, un grand vide, qui plus de 300m plus bas, donnait sur (voir la photographie ci-dessous, l’ouverture utilisée ne rend pas bien compte de la hauteur et du ressenti).

Jin Mao Tower Shanghai

Mercredi, détour par la vieille ville; exploration de mon premier temple : le Temple de Confucius; marche dans le jardin Yuyuan; tandis que l’après-midi, nous errions dans un autre quartier ancien, qui était sans intérêt et désert. Nouvelle soirée, nouvelle tour, la ShangHai World Financial Center, reconnaissable par sa forme de décapsuleur, tout dans le luxe et la démesure; Hélas, ce jour-ci il a plu, ce qui a compromis les photographies, trop de gouttelettes sur les parois vitrées. Le soir, je me baladai le long du Bund, c’était magique.

Jeudi, levée du corps à 06:00 AM, petit déjeuner une demie-heure plus tard, départ de l’hôtel à 07:05 AM. Nous avons traversé une rue où l’on trouve de nombreux restaurants/snacks déjà ouverts, les odeurs étaient insupportables; pour rejoindre le métro et nous rendre à la Gare. Une fois sur place, s’en est suivie une bonne heure de bataille, pour l’achat d’un billet de train, puis une autre heure, dans un café, en attendant l’entrée du train. Après une demie heure de TGV, arrivée à Suzhou; la ville dite «le Venise de Chine», la ville des amoureux. Celle-ci compte très peu de canaux et trop de voitures pour mériter cette comparaison. J’ai pu y visiter de nombreux et d’immenses jardins, tels que le Jardin du Maitre des Filets; le Jardin du Bocage de Lion où l’on passait prudemment de rochers en rochers, humidifiés par le crachin; le Jardin de l’Humble Administrateur; ainsi que quelques temples.

Après nos visites, ayant du temps à tuer, nous avons décidé de nous rendre à la Gare à pieds, nous nous sommes retrouvés à traverser et à marcher le long d’une voie express, et avant ça, nous nous sommes frayés un chemin à travers des plantes plutôt «piquantes». Après quoi, nous pensions à nous installer dans un café, qui s’est avéré inexistant, nous sommes donc restés assis sur un banc à chercher des gametech. Départ à 07:00 PM, une fois de retour à ShangHai, nous rentrons à l’hôtel, nous changeons et décidons de tester le restaurant de celui-ci, puis de retourner dans nos chambres et de nous coucher.

The Bund Shanghai

Vendredi, même horaires, pour une destination différente; départ à 09:00 AM, trois quarts d’heure plus tard, nous étions à Hangzhou. Cette fois-ci, nos valises étaient du voyage, changement d’hôtel, nous étions donc pressés de nous débarrasser de nos affaires, mais ça semblait quelques peu compromis, avant d’en trouver un, trois taxis ont refusés de nous transporter, pour une raison inconnue. Le chauffeur ne connaissant pas exactement l’adresse, nous avons été déposé à quelques centaines de mètres de notre destination, ça m’a permis de voir des poules et des coqs courir dans tous les sens… Puis une fois arrivée devant l’hôtel, un jeune homme est venu récupérer nos valises, tandis qu’un autre nous a conduit jusque la réception. Chambres réservées et payées, et pourtant, les démarches m’ont semblé beaucoup plus longues que pour le précédent, une demie heure plus tard, «clés» en main, nous montons et découvrons avec plaisir, nos chambres. Cinq minutes plus tard, nous avons pris le temps de réserver nos billets de train pour le retour à Tientsin, le lendemain.

On nous a appelé un taxi, nous avons dû attendre une demie-heure, qui m’a paru interminable, assis dans le hall de l’hôtel, je manquai de m’assoupir dans les coussins. Finalement, nous avons été pris en charge, et conduits jusque… Je ne sais plus où. Toujours est-il, à la recherche de la Pagode Baochu (ou Leifeng, je ne me souviens plus), une randonnée en « forêt » imposée, fort agréable, quoi que très fatigante, écrasés par la chaleur, puis les averses torrentielles et l’humidité CQFT; les jours précédents, nous avions subit les mêmes conditions météorologiques, nous avions finalement trouvé bon d’emporter avec nous, une serviette de bain qui pour le coup, nous a été (très) utile. Là-bas, une seule chose à faire, ouvrir ses yeux et contempler les magnifiques panoramas qui s’offraient à nos yeux, il nous fallut escalader quelques rochers pour accéder à des vues plus dégagées. Le Lac de l’Ouest, que nous avons admiré le temps d’une marche sur la digue Su Dongpo, d’environ une heure et demie à allure rapide.

Encens Hangzhou

Et, pour terminer notre journée, direction la Colline de l’Empereur de Jade, qu’il fallut grimper… Énormément de marches, des escaliers qui se suivent et se croisent sur plusieurs centaines de mètres; n’ayant pas pris de déjeuner, je suis arrivée en haut, trempée. L’existence de photographies de mon état proche du sommet existent, mais fort heureusement, elles ne sont pas disponibles sur les internets, HUM. Pour en revenir à cette colline, j’ai été déçue puisque la vue n’étant pas assez dégagée mais ça valait tout de même le coup d’être vu!
Et le meilleur ici, c’est la rencontre avec des chinois. Deux jouaient au badminton, nous avons fait une pause, et l’un de mes amis a fait une partie avec l’un d’eux, tandis que je passais de fenêtre en fenêtre de la Maison, pour ne pas être gênée par la végétation lorsque je prenais mes photographies, tout en évitant de tomber dans le vide. Un troisième chinois est venu à notre rencontre, celui-ci passe son temps à grimper des collines, des montagnes, il nous a emmené à divers endroits de celle sur laquelle nous nous trouvions; dont une sorte de vieille mine abandonnée, ou un refuge, je ne saurais trop dire. Le plus gros choc, la température, entre l’entrée de cette grotte et le fond de celle-ci, une perte de 10 à 15°C; une résonance et un calme pesants, une ambiance très particulière, peu rassurante. Plus nous nous y enfoncions, plus le froid nous embrassait; avec nos chaussures à semelles lisses, sur les marches mouillées, la prudence était de rigueur, dans cet espace dépourvu de lumière. Nous avons mis fin aux festivités et sommes rentrés jusque notre hôtel, qui se situait non loin de là, à pieds.

Hill Emperor Jade Hangzhou

Samedi, réveil à 07:45 AM, petit déjeuner à l’hôtel, pour lequel nous avons eu une discussion avec une responsable, puisqu’il y en avait un par chambre d’offert, mais étant quatre, pourquoi seulement deux y auraient droit; finalement, elle nous souhaitait à tous de profiter au mieux de celui-ci. Puis un quart d’heure après, le manager arrivait pour tenter d’éclaircir la situation, et nous expliquer que l’on allait devoir en payer deux supplémentaires. Nous sommes remonter dans nos chambres, avons fait nos valises, et rendu les «clés». À ce moment, le manager était de nouveau présent, il me demandait si je n’avais rien pris dans la chambre, après lui avoir répondu que non, il me posait plus de questions à ce sujet, je vérifiai alors le numéro de chambre. Il s’avère qu’il y a eu une mauvaise distribution des clés, et que celle de mes amis était à mon nom… Comme ils se sont servis, j’ai guetté mon compte les jours qui ont suivis, espérant ne pas avoir de mauvaise surprise. On nous commandait un taxi, qui nous déposa proche de la longue rue piétonne de Qinghefang, où nous avons, sans nous mentir, galérer; Nous n’avions rien à y faire, nous avons fait le tour de quelques échoppes, puis sommes repartis en direction de la Gare pour retourner à Tientsin.

West Lake Hangzhou

Pour tout vous avouer, j’ai parcouru tant de lieux en si peu de temps, qu’il m’est difficile de me remémorer exactement le nom de chacun, ou d’exposer ce que j’y ai vu. Je reste marquée par l’authenticité de la ville d’Hangzhou qui est jusque-là, mon meilleur souvenir. Et… Je dois aussi dire que les tours, j’ai beau rester bouche bée face à leur prestance, je m’imagine l’ampleur du travail. Cette architecture : « m’as-tu vu? » m’exaspère, pensant à l’argent investi dans ces bâtiments modernes alors qu’à une centaine de mètres de là, on peut certainement trouver un quartier pauvre, voir des bidon-villes. Mais ça fait marcher le commerce, le tourisme; alors, que puis-je dire, beaucoup de touristes sont aveugles et se contentent d’apprécier ce qu’on leur montre, les éléments qui font de cet État, une puissance. Mais, mon avis est que, dans un pays aussi ancien que la Chine, pour apprendre à la connaître, elle, ainsi que 95% des habitants qui la peuplent; leur culture est si riche, et ce ne sont pas ces infrastructures qui l’ont rendu célèbre, mais certes, attractive. Alors, peu importe le pays, ne vous contentez pas de vous rendre dans des lieux (hautement) touristiques, où l’on a aucun plaisir à passer du temps puisqu’il y a un brouhaha ambiant inimaginable, ces places sont de véritables fourmilières. J’en conviens que ce dernier passage n’est pas (du tout) clair et je m’en excuse, bisou.

Durant ces cinq jours, j’ai désespérément goûté, chaque matin, le «grapefruit juice», qui s’avérait être du raisin ou de la rose, en fonction de l’hôtel… Pourtant, ce n’est pas sensé être du pamplemousse? On a «beaucoup ri» dans les coins où les gens ne savent pas lire, et encore moins parler anglais, quelques moments de solitude. En insolite, les chinois qui dorment à priori partout, dans un restaurant, une charrette, sur un scooter, un banc, un trottoir, on imagine bien le confort. Des feux allumés en plein milieu d’un gros carrefour, un cochon en train de griller sur un trottoir, un garage avec de la viande à vendre, accrochée à un esse, à l’air libre.

Si vous avez en prévision de venir en Chine, et que vous souhaitez avoir de plus amples informations, ou si vous avez des questions à me poser sur ma vie chinoise, je suis à votre disposition. Pour visualiser mes autres photographies, je vous invite à visiter ma page Flickr. Qu’il s’agisse de mon travail écrit (contenu et style) ou photographique, je suis ouverte aux commentaires, aux critiques construites ainsi qu’aux conseils.