Tiphaine THOMAS, my love.

Est-ce que tu me vois lui dire cela ? Dans cet espace clos et intime, ce lieu charmeur et coquet, précisément à cet endroit, rester piquée sur mes jambes, enthousiaste et optimiste. Me tenir face à elle avec assurance et solennité, la serrer contre moi ; soient la délicatesse de l’acte et la fermeté de l’engagement. Nos têtes en contact, nos chevelures entravant la perception de la chaleur corporelle ; serais-je la seule à en manquer, je me le demande ; mais sentir son souffle humide et irrégulier circuler dans mon cou mince et tendu, se propager en suivant ma clavicule allongée et massive, et échouer dans mon biceps fort et sec, puisque j’aurais saisie cette opportunité de l’enlacer.

Tout d’abord, uniquement détenir son visage ; de chaque côté, l’extrémité du pouce sur la pommette, l’index calé au lob de l’oreille, et sans atteindre les deux tiers de la distance entre ce dernier et le menton, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire régulièrement répartis sous la mâchoire inférieure. Le regard fixe et perçant, l’air déterminé et sérieux ; en réalité appréhensif et enflammé. Les doigts parcouraient le contour selon le trajet suggéré par leur configuration initiale, allant comme chercher à en pincer le point le plus bas, proches des lèvres sans y accéder. M’avancer, autoriser mes mains à une descente diagonale courte, par effleurements de leurs revers anguleux et striés, pour libérer sa chair claire et douce de ses cheveux ondulés et sauvages ; passer ces derniers par dessus ses épaules, pour les placer dans son dos ; les rejoindre dans sa nuque courbée et raide, laisser glisser mes bras lâches, les poings toujours joints, dans l’axe de sa colonne vertébrale, rappelant à mon esprit sa belle cambrure. C’est ainsi que nous en arriverions à ce rapprochement charnel, deux êtres physiquement liés, mais pas seulement.

Elle doit en prendre conscience, il faut qu’elle sache… Oui.