Bird in a cage, China.

Quelque peu impatiente, mais bien plus qu’insouciante, j’ajustais ma conduite au rythme ambiant, dirigé par la pluie diluvienne. Ma poigne se faisait d’autant plus rude, ma nuque se raidissait, ma mâchoire se crispait, mes yeux se plissaient, étourdie par l’abondance du liquide qui venait frapper frénétiquement le pare-brise embué. Le départ anticipé ne m’aura pas épargné un trajet angoissant, avec une arrivée tout juste raccord avec la descente de la prétendante. Calmant ma respiration, me massant les paumes, le regard figé dans le vide, je me fis surprendre par une personne tentant d’ouvrir la portière côté passager ; mettant alors quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agissait de celle que je n’attendais plus, jusqu’à ce que cette dernière ne se décide à m’engager. L’accès fut donné, l’amas de taule oscilla lorsqu’elle lâcha prise et laissa son corps s’écraser dans le siège, comme pour absorber l’humidité de ses vêtements, et concentrer la chaleur.

Trempée jusqu’à l’os, frigorifiée, elle mit ses bras en croix, ses mains sous ses aisselles, courba légèrement son dos, pour finalement se recroqueviller afin de canaliser son énergie. Je la regardais du coin de l’oeil, quasi-immobile depuis tout ce temps, peut-être bien trop longtemps me faisais-je soudainement la réflexion. Servant probablement de déclencheur, je sentais alors la sensation de paralysie se dissiper, me tournais vers elle, et lui offrais un sourire. Je sortais de mon mutisme, en lui déclarant à quel point il m’était devenu inconfortable de ne pas l’avoir eu à mes côtés jusqu’ici. Le stress de la route aura tout du moins eu le mérite de me rendre plus expressive qu’à l’accoutumée ; mais, elle, ne m’avait toujours pas décroché un mot. Peut-être me tenait-elle rigueur de sa condition actuelle ?

To be continued…